Expressions chinoises nées du Dao De Jing
将欲取之,必先予之 (jiāng yù qǔ zhī, bì xiān yǔ zhī)
Reprise du chapitre 36
将欲取之,必先予之 (jiāng yù qǔ zhī, bì xiān yǔ zhī), « pour prendre, il faut d'abord donner », reprend un vers du chapitre 36 du Dao De Jing : céder un peu maintenant pour gagner plus ensuite.
Caractère par caractère
| 将 | jiāng | être sur le point de |
|---|---|---|
| 欲 | yù | le désir, désirer |
| 取 | qǔ | prendre, saisir |
| 之 | zhī | le, la, les (objet) |
| 必 | bì | nécessairement |
| 先 | xiān | avant, devant |
| 予 | yǔ | donner, accorder |
| 之 | zhī | le, la, les (objet) |
| 将欲取之,必先予之 | Pour obtenir, il faut d'abord donner : une concession aujourd'hui pour un gain plus grand demain. | |
D'où elle vient
L'expression ne figure pas telle quelle dans le texte : elle reprend la ligne 将欲夺之,必固与之.
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将欲歙之,必固张之;
Ce que l'on veut resserrer, il faut d'abord l'étendre ;
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将欲弱之,必固强之;
ce que l'on veut affaiblir, il faut d'abord le fortifier ;
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将欲废之,必固兴之;
ce que l'on veut abattre, il faut d'abord l'élever ;
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将欲夺之,必固与之,
ce que l'on veut prendre, il faut d'abord le donner.
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是谓微明。
C'est ce qu'on appelle la clarté subtile.
Comment le sens a changé
Sous cette forme, la maxime n'est pas dans notre texte du Dao De Jing. Le chapitre 36 a quatre vers sur un même modèle, dont le dernier : « ce que l'on veut prendre, il faut d'abord le donner. » (将欲夺之,必固与之). Le texte reçu dit 夺, « enlever », et 固, qui signifie ici « d'abord ». La forme courante dit 取, « prendre », et 先, « d'abord », et écrit 予 pour « donner », caractère qui a ici le même son et le même sens que 与. Certains dictionnaires écrivent 将欲取之,必先与之.
La formulation avec 取 est ancienne. Han Feizi, dans le chapitre 喻老 qui explique le Laozi par des histoires, cite « 将欲取之,必固与之 » après deux exemples : le duc Xian de Jin envoya du jade et des chevaux au pays de Yu avant de l'attaquer, et Zhi Bo offrit un grand char à Chouyou avant de l'envahir. Dans un autre chapitre, 说林上, il donne le même conseil comme une citation d'un livre appelé Zhou Shu (周书) : 将欲败之,必姑辅之;将欲取之,必姑予之.
Au chapitre 36, les quatre vers décrivent comment les choses se retournent : ce qui est étendu se resserre, ce qui est élevé est abattu. Le chapitre appelle cela « la clarté subtile » et conclut : « Le souple et le faible l'emportent sur le dur et le fort. » Lus comme les lisait Han Feizi, ces vers deviennent une ruse, et c'est le sens moderne : céder un peu maintenant pour gagner davantage ensuite, dans les affaires, la négociation ou la politique, parfois avec une nuance de calcul.
L'employer aujourd'hui
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将欲取之,必先予之,这家店先送试用装,顾客用得满意自然就来买了。
jiāng yù qǔ zhī, bì xiān yǔ zhī, zhè jiā diàn xiān sòng shì yòng zhuāng, gù kè yòng de mǎn yì zì rán jiù lái mǎi le.
Pour prendre, il faut d'abord donner : cette boutique offre d'abord des échantillons, et les clients satisfaits reviennent acheter.
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谈判时他深知将欲取之,必先予之,先在小问题上让了步。
tán pàn shí tā shēn zhī jiāng yù qǔ zhī, bì xiān yǔ zhī, xiān zài xiǎo wèn tí shàng ràng le bù.
Pendant la négociation, il savait que pour obtenir il faut d'abord donner, et il a d'abord cédé sur les petits points.