第四十八章 Dao De Jing · Chapitre 48

L'étude ajoute, la Voie retranche, jusqu'au non-agir.

Texte

  1. 为wéi学xué日rì益yì,为wéi道dào日rì损sǔn。

    Qui étudie s'accroît chaque jour ; qui suit la Voie diminue chaque jour.

  2. 损sǔn之zhī又yòu损sǔn,以yǐ至zhì于yú无wú为wéi。

    Diminuer encore et encore, jusqu'au non-agir.

  3. 无wú为wéi而ér无wú不bù为wéi。

    Par le non-agir, rien ne reste à faire.

  4. 取qǔ天tiān下xià常cháng以yǐ无wú事shì,

    On gagne le monde en le laissant toujours en paix ;

  5. 及jí其qí有yǒu事shì,不bù足zú以yǐ取qǔ天tiān下xià。

    dès qu'on s'en mêle, on n'est plus digne de le gagner.

Les mots du chapitre
Les mots du chapitre 48, avec pinyin et sens
MotPinyinSens
为wéiagir, faire
学xuél’étude
日rìle jour, chaque jour
益yìaccroître, gagner
道dàola Voie
损sǔndiminuer, perdre
之zhīle, la, les (objet)
又yòuet encore
以yǐpour, afin de
至zhìparvenir à
于yúà, de
无为wú wéile non-agir
而éret pourtant, mais
无wúne pas avoir, sans
不bùne ... pas
取qǔprendre, saisir
天下tiān xiàtout sous le ciel, le monde
常chángtoujours
以yǐpar, au moyen de
事shìles affaires, le travail
及jíquand, si
其qíil, elle, cela (sujet)
有yǒuavoir, posséder
足zúsuffisant
Comparer : James Legge (1891)

He who devotes himself to learning (seeks) from day to day to increase (his knowledge); he who devotes himself to the Tao (seeks) from day to day to diminish (his doing).

He diminishes it and again diminishes it, till he arrives at doing nothing (on purpose). Having arrived at this point of non-action, there is nothing which he does not do.

He who gets as his own all under heaven does so by giving himself no trouble (with that end). If one take trouble (with that end), he is not equal to getting as his own all under heaven.

Domaine public. Source : Wikisource.

Sens du chapitre 48

Le chapitre 48 oppose deux manières de travailler sur soi : l'étude, qui ajoute chaque jour, et la Voie, qui retranche chaque jour.

Qui étudie (为学) s'accroît chaque jour ; qui suit la Voie (为道) diminue chaque jour. On retranche jusqu'à arriver au 无为, le non-agir, et le chapitre reprend le vers du chapitre 37 : par le non-agir, rien ne reste à faire. Ce que l'on perd n'est pas nommé. Le contexte fait penser aux habitudes, aux projets et aux interventions qui s'accumulent avec l'effort, plutôt qu'au savoir lui-même ; le chapitre 47 vient de dire qu'aller loin n'accroît pas la connaissance.

Les derniers vers appliquent cela au gouvernement. On gagne le monde en le laissant toujours en paix (无事) ; dès qu'on s'en mêle, on n'est plus digne de le gagner. 取天下 peut vouloir dire prendre le monde ou le gouverner, et Heshang Gong explique 取 par 治, gouverner ; la traduction de ce site garde le mot le plus simple, gagner. Le chapitre 57 emploie la même formule, gagner le monde sans s'en mêler, et le chapitre 29 met en garde contre qui veut prendre le monde pour le refaire.

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