第四十六章 Dao De Jing · Chapitre 46
Avec la Voie, les chevaux travaillent aux champs ; sans elle, ils partent en guerre. Savoir se contenter, c'est le contentement durable.
Texte
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天下有道,却走马以粪。
Quand le monde suit la Voie, on renvoie les chevaux de course fumer les champs.
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天下无道,戎马生于郊。
Quand le monde perd la Voie, les chevaux de guerre naissent aux frontières.
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祸莫大于不知足;
Pas de malheur plus grand que de ne pas savoir se contenter ;
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咎莫大于欲得。
pas de faute plus grande que de vouloir acquérir.
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故知足之足,常足矣。
Ainsi, le contentement de qui sait se contenter est un contentement constant.
Les mots du chapitre
| Mot | Pinyin | Sens |
|---|---|---|
| 天下 | tiān xià | tout sous le ciel, le monde |
| 有 | yǒu | avoir, posséder |
| 道 | dào | la Voie |
| 却 | què | renvoyer |
| 走马 | zǒu mǎ | les chevaux de course |
| 以 | yǐ | pour, afin de |
| 粪 | fèn | fumer les champs |
| 无 | wú | ne pas avoir, sans |
| 戎马 | róng mǎ | les chevaux de guerre |
| 生 | shēng | produire, faire naître |
| 于 | yú | à, de |
| 郊 | jiāo | les confins |
| 祸 | huò | le malheur |
| 莫 | mò | personne, rien |
| 大 | dà | grand |
| 于 | yú | que (comparatif) |
| 不 | bù | ne ... pas |
| 知足 | zhī zú | savoir se contenter |
| 咎 | jiù | le blâme, le malheur |
| 欲 | yù | le désir, désirer |
| 得 | dé | obtenir |
| 故 | gù | c'est pourquoi, donc |
| 之 | zhī | de (particule de liaison) |
| 足 | zú | suffisant |
| 常 | cháng | constant, éternel |
| 矣 | yǐ | particule finale (accompli) |
Comparer : James Legge (1891)
When the Tao prevails in the world, they send back their swift horses to (draw) the dung-carts. When the Tao is disregarded in the world, the war-horses breed in the border lands.
There is no guilt greater than to sanction ambition; no calamity greater than to be discontented with one's lot; no fault greater than the wish to be getting. Therefore the sufficiency of contentment is an enduring and unchanging sufficiency.
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Sens du chapitre 46
Le chapitre 46 compare un monde qui suit la Voie à un monde qui l'a perdue, et ramène la différence au fait de ne pas savoir se contenter.
Le début est une paire d'images de chevaux. Quand le monde suit la Voie, on renvoie les chevaux de course fumer les champs ; quand il perd la Voie, les chevaux de guerre naissent aux frontières. Le second vers se lit de plusieurs façons : 郊 peut désigner les abords d'une ville ou la frontière, et certains comprennent que même les juments pleines partent en guerre et mettent bas en rase campagne. Dans tous les cas, les chevaux montrent l'état de tout un pays.
Le chapitre nomme ensuite la cause. Pas de malheur plus grand que de ne pas savoir se contenter (不知足), pas de faute plus grande que de vouloir acquérir. Plusieurs éditions ajoutent avant ces vers une phrase sur le désir (罪莫大于可欲) ; le texte de Wang Bi ne l'a pas. La conclusion joue sur le mot 足, assez : le contentement de qui sait se contenter est un contentement constant. Les chapitres 33 et 44 disent la même chose, et le chapitre 30 décrit la guerre qui vient quand on l'oublie.