Citations de Laozi : vraies ou fausses ?
« Celui qui sait qu'assez c'est assez en aura toujours suffisamment » : Laozi l'a-t-il dit ?
Authentique : chapitre 46
Oui : « Celui qui sait qu'assez c'est assez en aura toujours suffisamment » rend la dernière ligne du chapitre 46 du Dao De Jing, 知足之足,常足矣, le contentement qui dure.
Celui qui sait qu'assez c'est assez en aura toujours suffisamment.
Ce que dit le Dao De Jing
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祸莫大于不知足;
Pas de malheur plus grand que de ne pas savoir se contenter ;
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咎莫大于欲得。
pas de faute plus grande que de vouloir acquérir.
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故知足之足,常足矣。
Ainsi, le contentement de qui sait se contenter est un contentement constant.
Ce que dit le chinois
La ligne joue trois fois sur un seul caractère, 足, « assez ». 知足之足 : « l'assez de qui sait ce qui suffit ». 常足矣 : « est un assez constant ». Notre traduction : « Ainsi, le contentement de qui sait se contenter est un contentement constant. » La formule qui circule garde ce jeu sur le mot, c'est ce qui la rend facile à retenir.
Ce que changent les traductions
La phrase qui circule en français ressemble de près à la fin du chapitre 46 dans la version anglaise de Gia-fu Feng et Jane English (1972), « he who knows that enough is enough will always have enough ». Stanislas Julien (1842) parlait plutôt de « savoir se suffire ». 知足 est aujourd'hui un mot courant du chinois, « être content de son sort » ; le livre l'emploie aussi aux chapitres 33 et 44.
La ligne dans son chapitre
Le chapitre commence par des chevaux : quand le monde suit la Voie, on renvoie les chevaux de course fumer les champs ; quand il la perd, les chevaux de guerre naissent aux frontières. Puis la cause : « Pas de malheur plus grand que de ne pas savoir se contenter ; pas de faute plus grande que de vouloir acquérir. » Le contentement de la dernière ligne répond aux deux, pour un prince comme pour chacun.