第七十一章 Dao De Jing · Chapitre 71

Savoir qu'on ne sait pas est le mieux ; croire savoir est une maladie.

Texte

  1. 知zhī不bù知zhī上shàng,

    Savoir qu'on ne sait pas, c'est le mieux ;

  2. 不bù知zhī知zhī病bìng。

    ne pas savoir et croire savoir, c'est une maladie.

  3. 夫fú唯wéi病bìng病bìng,是shì以yǐ不bù病bìng。

    C'est en reconnaissant la maladie comme maladie qu'on en est libre.

  4. 圣shèng人rén不bù病bìng,以yǐ其qí病bìng病bìng,

    Le sage n'est pas malade, parce qu'il reconnaît la maladie comme maladie ;

  5. 是shì以yǐ不bù病bìng。

    c'est pourquoi il n'est pas malade.

Les mots du chapitre
Les mots du chapitre 71, avec pinyin et sens
MotPinyinSens
知zhīsavoir, connaître
不bùne ... pas
上shàngsuprême, le plus haut
病bìngla maladie
夫唯fú wéic'est justement parce que
是以shì yǐc'est pourquoi
圣人shèng rénle sage
以yǐpar, au moyen de
其qíson, sa, leur
Comparer : James Legge (1891)

To know and yet (think) we do not know is the highest (attainment); not to know (and yet think) we do know is a disease.

It is simply by being pained at (the thought of) having this disease that we are preserved from it. The sage has not the disease. He knows the pain that would be inseparable from it, and therefore he does not have it.

Domaine public. Source : Wikisource.

Sens du chapitre 71

Le chapitre 71 parle de connaître les limites de son savoir. Il s'ouvre sur quatre caractères, 知不知上 : savoir qu'on ne sait pas, c'est le mieux. Ne pas savoir et croire savoir, c'est une maladie (病).

Le reste du chapitre joue sur ce seul mot. C'est en reconnaissant la maladie comme maladie (病病) qu'on en est libre ; le sage n'est pas malade parce qu'il la reconnaît pour telle. La répétition montre l'idée par sa forme même : le remède est simplement de voir le défaut pour ce qu'il est.

La première ligne peut aussi se lire « savoir, et se tenir pour ignorant, c'est le mieux » ; la traduction du site prend la lecture la plus simple. La pensée est proche du chapitre 33, où se connaître soi-même est la clarté, et du chapitre 56, où ceux qui savent ne parlent pas. Les lecteurs des Entretiens penseront à un mot de Confucius dans le même esprit : tenir pour su ce qu'on sait et pour non su ce qu'on ne sait pas, c'est cela savoir.

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