第四章 Dao De Jing · Chapitre 4

La Voie est vide et pourtant inépuisable, l'ancêtre caché de toutes choses.

Texte

  1. 道dào冲chōng而ér用yòng之zhī或huò不bù盈yíng,

    La Voie est vide, et l'on s'en sert sans jamais la remplir.

  2. 渊yuān兮xī似sì万wàn物wù之zhī宗zōng。

    Profonde, elle semble l'ancêtre des dix mille êtres.

  3. 挫cuò其qí锐ruì,解jiě其qí纷fēn,

    Elle émousse le tranchant, défait les nœuds,

  4. 和hé其qí光guāng,同tóng其qí尘chén。

    adoucit la lumière, se mêle à la poussière.

  5. 湛zhàn兮xī似sì或huò存cún,

    Limpide, elle semble à peine exister.

  6. 吾wú不bù知zhī谁shéi之zhī子zǐ,

    Je ne sais de qui elle est l'enfant ;

  7. 象xiàng帝dì之zhī先xiān。

    elle semble précéder le Seigneur d'en haut.

Les mots du chapitre
Les mots du chapitre 4, avec pinyin et sens
MotPinyinSens
道dàola Voie
冲chōngvide, comme un vase
而éret, puis
用yòngutiliser
之zhīle, la, les (objet)
或huòpeut-être, jamais
不bùne ... pas
盈yíngplein, remplir
渊yuānl'eau profonde, la profondeur
兮xīah (particule)
似sìsemble, comme si
万物wàn wùles dix mille êtres
之zhīde (particule de liaison)
宗zōngl'ancêtre, l'origine
挫cuòémousser
其qíson, sa, leur
锐ruìtranchant, aiguiser
解jiědénouer
纷fēnl'enchevêtrement
和héadoucir, fondre
光guāngla lumière, l'éclat
同tóngse fondre avec
尘chénla poussière
湛zhànprofond et calme
存cúnexister, durer
吾wúje
知zhīsavoir, connaître
谁shéiqui
子zǐl'enfant, le fils
象xiàngsemble, comme l'image
帝dìle Seigneur d’en haut
先xiānavant, devant
Comparer : James Legge (1891)

The Tao is (like) the emptiness of a vessel; and in our employment of it we must be on our guard against all fulness. How deep and unfathomable it is, as if it were the Honoured Ancestor of all things!

We should blunt our sharp points, and unravel the complications of things; we should attemper our brightness, and bring ourselves into agreement with the obscurity of others. How pure and still the Tao is, as if it would ever so continue!

I do not know whose son it is. It might appear to have been before God.

Domaine public. Source : Wikisource.

Sens du chapitre 4

Le chapitre 4 compare la Voie à un vase vide. 冲 se lit ici comme un bol vide : on s'en sert sans jamais le remplir, et il ne s'épuise pas. Profonde comme un abîme, la Voie semble l'ancêtre des dix mille êtres.

Les lignes du milieu disent ce qu'elle fait : elle émousse le tranchant, défait les nœuds, adoucit la lumière, se mêle à la poussière. Les mêmes quatre expressions reviennent au chapitre 56, où elles décrivent celui qui a trouvé la Voie. Puis le ton devient incertain : limpide, elle semble à peine exister, et celui qui parle ne sait de qui elle est l'enfant.

La dernière ligne, 象帝之先, dit que la Voie semble précéder 帝, le Seigneur d'en haut, la divinité suprême de la Chine ancienne ; Wang Bi l'explique comme le souverain du ciel. L'idée d'une plénitude qui paraît vide et ne s'épuise jamais revient au chapitre 45.

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