第五十六章 Dao De Jing · Chapitre 56
Ceux qui savent ne parlent pas ; l'union mystérieuse échappe au proche et au lointain, au gain et au tort.
Texte
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知者不言,言者不知。
Ceux qui savent ne parlent pas ; ceux qui parlent ne savent pas.
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塞其兑,闭其门,挫其锐,
Bouche les ouvertures, ferme les portes, émousse le tranchant,
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解其分,和其光,同其尘,
défais les nœuds, adoucis la lumière, mêle-toi à la poussière :
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是谓玄同。
c'est ce qu'on appelle l'union mystérieuse.
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故不可得而亲,
Ainsi on ne peut s'en approcher,
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不可得而疏;
ni le tenir à distance ;
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不可得而利,不可得而害;
on ne peut lui profiter, ni lui nuire ;
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不可得而贵,不可得而贱。
on ne peut l'honorer, ni l'avilir.
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故为天下贵。
C'est pourquoi c'est ce que le monde a de plus précieux.
Les mots du chapitre
| Mot | Pinyin | Sens |
|---|---|---|
| 知 | zhī | savoir, connaître |
| 者 | zhě | celui qui, ce qui |
| 不 | bù | ne ... pas |
| 言 | yán | la parole, parler |
| 塞 | sè | boucher, fermer |
| 其 | qí | son, sa, leur |
| 兑 | duì | les ouvertures |
| 闭 | bì | fermer |
| 门 | mén | la porte |
| 挫 | cuò | émousser |
| 锐 | ruì | tranchant, aiguiser |
| 解 | jiě | dénouer |
| 分 | fēn | les divisions |
| 和 | hé | adoucir, fondre |
| 光 | guāng | la lumière, l'éclat |
| 同 | tóng | se fondre avec |
| 尘 | chén | la poussière |
| 是 | shì | ceci |
| 谓 | wèi | appeler, être appelé |
| 玄 | xuán | le mystère, mystérieux |
| 同 | tóng | l’unité |
| 故 | gù | c'est pourquoi, donc |
| 可 | kě | pouvoir être |
| 得 | dé | obtenir |
| 而 | ér | et, puis |
| 亲 | qīn | aimer, s’attacher à |
| 疏 | shū | lointain, distant |
| 利 | lì | profiter à ; le profit |
| 害 | hài | nuire |
| 贵 | guì | priser, estimer |
| 贱 | jiàn | humble, vil |
| 为 | wéi | être, tenir pour |
| 天下 | tiān xià | tout sous le ciel, le monde |
| 贵 | guì | noble, honoré |
Comparer : James Legge (1891)
He who knows (the Tao) does not (care to) speak (about it); he who is (ever ready to) speak about it does not know it.
He (who knows it) will keep his mouth shut and close the portals (of his nostrils). He will blunt his sharp points and unravel the complications of things; he will attemper his brightness, and bring himself into agreement with the obscurity (of others). This is called 'the Mysterious Agreement.'
(Such an one) cannot be treated familiarly or distantly; he is beyond all consideration of profit or injury; of nobility or meanness:--he is the noblest man under heaven.
Domaine public. Source : Wikisource.
Sens du chapitre 56
Le chapitre 56 parle d'un savoir qui ne se met pas en mots, et d'une manière de se fondre dans le monde au lieu de s'en distinguer. Il s'ouvre sur l'une des lignes les plus citées du livre : ceux qui savent ne parlent pas ; ceux qui parlent ne savent pas.
Les lignes du milieu reprennent des formules connues. Boucher les ouvertures et fermer les portes vient du chapitre 52 ; émousser le tranchant, défaire les nœuds, adoucir la lumière et se mêler à la poussière reprennent le chinois du chapitre 4. Ensemble, cela s'appelle 玄同 (l'union mystérieuse). Ce qui l'a atteinte, on ne peut ni s'en approcher ni le tenir à distance, ni lui profiter ni lui nuire, ni l'honorer ni l'avilir ; c'est pourquoi c'est ce que le monde a de plus précieux, comme à la fin du chapitre 62.
À la ligne 3, le texte de Wang Bi porte 分, « division » ; le site le lit 纷, « les nœuds », le caractère du chapitre 4 dans la même formule. Le sujet des dernières lignes peut être celui qui a atteint l'union ou l'union elle-même ; la traduction laisse les deux lectures ouvertes.