Expressions chinoises nées du Dao De Jing
知白守黑 (zhī bái shǒu hēi)
Reprise du chapitre 28
知白守黑 (zhī bái shǒu hēi), « connaître le blanc, garder le noir », abrège un vers du chapitre 28 du Dao De Jing : voir clair, et rester pourtant dans l'ombre.
Caractère par caractère
| 知 | zhī | savoir, connaître |
|---|---|---|
| 白 | bái | le blanc, le clair |
| 守 | shǒu | garder, tenir |
| 黑 | hēi | le noir, l'obscur |
| 知白守黑 | Voir clairement ce qui brille, et se tenir pourtant dans l'ombre : savoir beaucoup sans le montrer. | |
D'où elle vient
L'expression ne figure pas telle quelle dans le texte : elle reprend la ligne 知其白,守其黑.
-
知其白,守其黑,为天下式。
Connais le blanc, garde le noir, sois le modèle du monde.
-
为天下式,常德不忒,
Si tu es le modèle du monde, la vertu constante ne faillit pas,
-
复归于无极。
et tu reviens à l'infini.
Comment le sens a changé
C'est la deuxième des trois maximes parallèles qui forment la première moitié du chapitre 28 : « Connais le blanc, garde le noir, sois le modèle du monde. » (知其白,守其黑,为天下式). L'expression laisse tomber les deux 其, « son ». Avant vient « Connais le masculin, garde le féminin », après « Connais la gloire, garde la disgrâce » ; chaque fois, le lecteur est invité à connaître le côté haut et à garder le côté bas.
Le blanc, c'est ici le clair, l'évident, ce qui se voit ; le noir, c'est l'obscur, ce qui reste caché. Garder le noir fait de soi « le modèle du monde », poursuit le chapitre, et la vertu ne faillit pas : « et tu reviens à l'infini. » Le chapitre 41 dit le même paradoxe en une seule image : « la plus pure blancheur semble souillée ».
Aujourd'hui, 知白守黑 est une expression lettrée pour une personne qui comprend beaucoup mais reste discrète et en retrait, sans faire étalage de son savoir.
L'employer aujourd'hui
-
老张什么都看在眼里,却知白守黑,从不当面点破。
lǎo zhāng shén me dōu kàn zài yǎn lǐ, què zhī bái shǒu hēi, cóng bù dāng miàn diǎn pò.
Le vieux Zhang voit tout, mais il garde cela pour lui et ne le fait jamais remarquer en face.
-
真正的高手往往知白守黑,不轻易显露自己的本事。
zhēn zhèng de gāo shǒu wǎng wǎng zhī bái shǒu hēi, bù qīng yì xiǎn lù zì jǐ de běn shi.
Les vrais maîtres savent souvent beaucoup et restent dans l'ombre ; ils montrent rarement ce dont ils sont capables.